LE SUCRE

05/02/2013

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Dans les dernières semaines, je suis tombé sur des articles concernant le sucre. Selon ces articles, il serait poison ! Je crois que cela, nous le savions déjà. Cependant, nous nous sommes tellement concentré sur le gras ces dernières années, que nous nous avons oublié qu'il a été remplacé, dans la plupart des cas, par du sucre, ou même pire, par du fructose et de l'aspartame. Je vous invite à lire cet article paru dans La Presse ou celui-ci dans Le Devoir
Bon, là je vous entends dire " quel rapport avec le vin ? ". Notre goût pour le sucre n'a pas échappé à la filière vinicole mondiale. Les taux de sucre résiduel (non transformé en alcool) dans les vins sont de plus en plus élevés, spécialement dans les rouges ! Voici les taux de sucre résiduel pour quelques gros vendeurs de la SAQ:
Ménage à Trois Folie à Deux Californie ( 1 195 000 bouteilles )
15g / litre (13,8%)

Sangiovese/ Cab.-Sauv. Liano Umberto Cesari Rubicone  (  541 000 bouteilles )
12g / litre (13,5% alc.)

Apothic Red Californie ( 878 000 bouteilles )
19g / litre (13% alc.)

Cupcake Red Velvet 
17g/litre (13,5% alc.)
Un vin sec peut contenir au maximum 9g de sucre résiduel/litre, dépendant de l'acidité. Cependant, la plupart des vins rouges sont autour de 5g/l. N'oubliez pas que ces sucres résiduels s'ajoutent à l'alcool souvent assez élevé dans ces vins. Car dites-vous que 17g de sucre sont nécessaires pour obtenir 1% d'alcool. Joyeux mélange pour notre foie !  Bonjour les maux de têtes. Déjà que la plupart de ces vins sont blindés au soufre... 

Comment connaître le taux de sucre résiduel dans un vin ? Pas simple. Cependant, la LCBO ( SAQ ontarienne ) l'intègre dans leurs fiches techniques. Un jour la SAQ fera-t-elle de même.

Ces données sur les sucres résiduels proviennent de Vin Québec. Je vous invite à lire l'article ICI
 
 
Aujourd'hui, je ne parle pas de vin, mais d'une situation qui frappe ma femme et moi de plein fouet. Comme vous le savez peut-être déjà, nous sommes agent de bord pour Air Transat depuis près de 20 ans. Nous sommes très fiers de travailler pour un employeur de cette qualité. La compétition déloyale qui règne depuis quelques années sur le marché canadien, se traduit par des pertes d'emplois pour nos pilotes au profit de quelques centaines de pilotes étrangers. Je laisse le commandant de bord, Robert Piché, vous expliquer. 
Cette situation permet à ces compagnies de couper leurs prix et par le fait même de fragiliser notre industrie déjà pas très forte. Dites-vous qu'il n'est pas normal d'aller vous faire bronzer sur une plage de Cuba pendant une semaine pour le prix de 4 pneus ! À toujours vouloir le meilleur prix, nous finirons pauvres. 

Je vous invite également à lire cet article

 
 
Avec Justin Timberlake ! Hilarant. Belle pub quand même
 
 

La Queen

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Source: Radio-Canada
Un premier texte depuis quelques lunes ! Manque de temps et de sujet... En voici quelques-uns qui ont retenus mon attention. 

Premièrement, la magnifique prestation de Véronique Rivest au concours du meilleur sommelier du monde à Tokyo. Elle a terminé deuxième. C'est énorme ! La première femme à accéder au podium. Ce qui fait d'elle la meilleure sommelière au monde ! Félicitations ! Rien de surprenant que les femmes finissent par dominer les hommes dans ce domaine. Heureusement, elles sont de plus en plus présentes dans ce monde encore fortement masculin.

L'aveugle

Ce concours du meilleur sommelier du monde a révélé comment il est difficile de trouver un vin à l'aveugle. Une des épreuves du concours était d'identifier à l'aveugle 2 vins et 3 spiritueux. Voici ce que nous révèle la Revue du vin de France:
Les vins et spiritueux soumis aux candidats viennent d'être révélés. Et à nouveau la surprise domine car on constate que les trois finalistes étaient assez loin du compte. 

Aucun d’eux n’a situé le premier vin rouge aux Etats-Unis (Espagne pour Basso, Argentine pour Rivest et France pour Spies). Seule Véronique Rivest a placé le second vin rouge en France, mais à Bordeaux, alors qu’il s’agissait d’un Côtes du Rhône.

Concernant les trois spiritueux, les propositions des finalistes sont moins éloignées des bonnes réponses. Paolo Basso et Véronique Rivest ont identifié le sochu. Basso a également reconnu le raki de Turquie.

Le candidat qui a rendu la meilleure copie n'a pas accédé à la finale. Il s'agit de Eric Zwiebel, le Français qui représentait le Royaume-Uni.

Pour comparer, voici les vins et spiritueux qu'il fallait identifier et les copies des finalistes : 

Les bonnes réponses
1er vin rouge : Napa Valley Zinfandel 2010 Napa Cellars
second vin rouge : Château des Tours 2007 Côtes du Rhône
1er Spiritueux : sochu chinois
2ème spiritueux : turkish raki
3ème spiritueux : Armagnac XO Superieur Chabot


Pour la Suisse, Paolo Basso
1er vin rouge : Epagne Tempranillo Ribera del Duero Tempranillo 2009
second vin rouge : Grèce Aléatico Néméa 2007
1er Spiritueux : sochu
2ème spiritueux : Turquie raki
3ème spiritueux : Cognac

Pour le Canada, Véronique Rivest
1er vin rouge : Argentin Malbec Mendoza 2010
second vin rouge : Cabernet-sauvignon bordeaux Saint-Julien 1998
1er Spiritueux : sochu
2ème spiritueux : Sambuca anis Italie
3ème spiritueux : Cognac XO

Pour la Belgique, Aristide Spies
1er vin rouge : gigondas 2009
second vin rouge : rioja grande réserve 2004
1er Spiritueux : aquavit
2ème spiritueux : sambuca
3ème spiritueux : cognac grande champagne

Eric Zwiebel ne s'est pas qualifié pour la finale, mais il a rendu la meilleure copie sur cette épreuve 

Pour le Royaume-Uni, Eric Zwiebel
1er vin rouge: USA Zinfandel Sonoma
second vin rouge : Espagne Grenache Tempranillo 2002
1er Spiritueux : Soshu
2ème spiritueux: Raki Tourquie
3ème spiritueux: Armagnac

Article complet ainsi que tous les résultats
Pas facile ! Nous sommes quand même en présence de l'élite mondiale. Comme quoi l'humilité face au vin est toujours de mise. Le deuxième vin servi, le Château des Tours 2007, était un excellent piège. Ceux qui connaissent les vins d'Emmanuel Reynaud ( Rayas Châteauneuf, Fonsalette Vacqueyras... ) savent ce que je veux dire. Des vins translucides, hyper aromatiques, issus de long élevages. 

À chaque fois que je sers l'un de ses vins à l'aveugle, il y a toujours quelqu'un qui parle de Bourgogne ou de Piémont, sur des millésimes un peu plus vieux. À des années lumières des Châteauneuf ou Vacqueyras noirs comme de l'encre. Un de mes vignerons préférés. En passant, cette bouteille se vend 15€ en France. Très loin en prix des Chambolle, Gevrey et Barolo nommés par les concurrents. 

Donc, rien d'alarmant sur ces résultats. C'est un concours de sommellerie et non de dégustation. Ça me réconforte de voir que je ne suis pas seul à me planter régulièrement en dégustation.

À venir:

LE SUCRE et LE POISON. Aussi quelques suggestions de vins dont ce magnifique Chinon que je bois en écrivant ces lignes.
 
 
Cette édition du magazine Cellier de la SAQ est la dernière... sous cette forme. Pour cette "dernière édition", on nous fait découvrir l'Italie des grandes marques... Quel ennui ! À-t-on besoin de plus de vins de Antinori, Masi, Cesari, Pio Cesare et Umani Ronchi ? 

Un vin a retenu mon attention: 




Sauvignon blanc 2011 Alto Adige DOC Alois Lageder 22,15$




Dès le 28 mars, nous verrons le résultat de cette transformation. On nous promet "une maquette plus dynamisée, des parutions plus fréquentes et plus de vins à découvrir" 




À suivre...
 
 
Nous voici à l’aréoport de Fort Lauderdale ( Floride ) dans l’attente d’un vol qui nous ramènera à la maison après cette petite escapade de 7 jours en mer. Pour ceux qui nous connaissent, vous savez que nous aimons les croisières. Celle-ci était notre dixième. 
Elle n’était pas prévue, nous avons décidé de faire une petite surprise à ma maman qui faisait sa première croisière pour ses 65 ans. La surprise fut totale ! Nous avons passé une excellente semaine à bord du Celebrity Silhouette. Celebrity est notre compagnie de croisière de prédilection. Nos dix voyages furent avec eux. Nous étions également en compagnie de ma soeur Isabelle, ma tante Michèle et mon oncle Jean-Pierre.
À notre arrivée, nous nous dirigeons vers le 15e étage où nous avions donné rendez-vous à nos compagnons afin de suprendre ma mère. Après nous être remis de nos émotions, direction le buffet pour le lunch. Les cabines seront prêtes vers 15h. Le départ est prévu à 16h30. Après le repas, nous avons joué les guides. Nous connaissons ce bateau par coeur puisque nous avions passé 24 jours sur son jumeau l’Equinox.
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Nous avons célébré au Drappier Brut nature Zéro Dosage
Ce bateau est tout jeune et il est magnifique ! Super déco et confort. Il y a même des espaces  gazonnés. Tout est conçu pour la détente et la relaxation. Celebrity est reconnu pour la qualité de sa cuisine et cette croisière n’a pas fait exception. Tous les jours plus de 13 000 repas de grande qualité sont servis avec gentillesse et professionnalisme. Les membres d’équipage sont toujours souriants et prêts à vous aider. À mon avis, un modèle de service à la clientèle. 
Le vin ? Bof... Grande sélection mais très commerciale, provenant de très gros domaines. Rien qui ne me fasse saliver. C'est pourquoi j'apporte des bouteilles que je fais ouvrir à table pour la modique somme de 25$. Je sais c'est cher !  Par contre, vous avez le loisir de boire la moitié de la bouteille et la terminer le lendemain. La prochaine fois j'apporte des magnums... Pour servir et conseiller le vin, ils ont une brigade de sommeliers plus ou moins bien formés, ou plutôt, formés selon la sélection de vins qu'ils doivent vendre. Formation très très traditionnelle remplie de certitudes et d'idées préconçues. Par exemple, notre sommelière ne comprenait pas pourquoi je voulais rafraîchir un rouge de quelques degrés. Par contre, je me fais un devoir de leur laisser un demi verre pour qu'ils puissent goûter du Occhipinti, des Eminades ou du Vajra. 
Il y un endroit sur le bateau dédié au vin. Le Cellar Master. Vous pouvez y déguster une vingtaine de vins au verre. Les bouteilles sont dans des distributrices à l'azote. Vous insérez votre carte de cabine et le tour est joué. J'ai expérimenté le truc lors de ma croisière précédente et quelques blancs étaient oxydés. Sinon, le concept est bien pensé. 
À bord tout est inclus sauf l'alcool, les boissons gazeuses, cafés spécialisés et les restaurants haut de gamme. Ces restaurants coûtent environ 30$ de plus par personne. Ils offrent un menu plus élaboré avec un service très personnalisé. La plupart des plats sont servis au guéridon. Vous avez intérêts à être en appétit car vous allez rouler sous la table ! 
Si vous vous ennuyez sur ce bateau c'est que vous le voulez bien. Il y a tellement d'activités qu'il est impossible de tout faire. Conférences, cours de cuisine, démonstrations culinaires, dégustation de vin ( payant), basketball, pétanque, ateliers d'art, cinéma, spectacles de variété, danse, bingo, casino, gym, soins corporels (payants ) ... Il y a aussi l'option trois siestes par jour entrecoupées de lecture.
Si un jour vous êtes chanceux, vous pourrez manger à la table du capitaine. Chance que nous avons eu lors de la croisière précédente ! Super expérience ( photo du bas ).
C'est toujours avec un léger pincement au coeur que l'on descend du bateau et  que l'on revient à la réalité. Quoi de mieux que 4h d'attente à l'aéroport de Fort Lauderdale pour revenir sur terre ! Quand la meilleure chose à manger est la suivante... Désolé, la photo est floue. Ah oui, c'est une lasagne...réchauffée au micro-ondes dans son contenant de plastique...
 
 
Voyons, c'est impossible ! Un citoyen intente un recours collectif contre notre cher monopole car il juge "que les marges bénéficiaires de la SAQ sont actuellement disproportionnées, déraisonnables et exorbitantes alors qu'elle se trouve en position de monopole"


En réponse, la SAQ a engagé un redoutable ( donc probablement dispendieux ) plaideur pour se défendre... Donc, si je comprends bien, quand j'achète une bouteille à la SAQ, je l'aide à se défendre afin qu'elle puisse continuer à me vendre le vin trop cher !!!

Voici l'article:

 
 
J'aimerais débuter en vous souhaitant une très belle année 2013, remplie de beaux flacons !

Aujourd'hui, je vous sers du réchauffé ! Je relisais mes textes de 100 Vins première version et je suis tombé sur ce texte de 2008 qui est encore d'actualité. 

C’est bercé par le vent de Cuba et la voix de Betty Lavette (merci Jean-Luc), que je m’interroge sur le traitement réservé au consommateur dans le monde du vin. Cette interrogation provient d’une aventure un peu désagréable que ma femme et moi avons vécu ce week-end. 

Avant notre escale à Varadero, nous avons passé quelques jours à Edmonton, capitale de l’Alberta, province de l’ouest canadien. Nous avions décidé de nous acheter une bouteille pour l’apéro. Mon choix s’était arrêté sur un riesling australien 1999. Comme j’aime beaucoup ce cépage, je voyais une opportunité de découvrir son évolution dans ce pays que je tente d’apprivoiser depuis quelques années mais sans succès. Notre autre achat était un Gruner Veltliner d’Autriche, de Schloss Gobelsberg ,que nous sommes en train de boire. 

Ce riesling se présentait avec une robe jaune assez foncée qui me laissait croire que ce vin avait peut-être déjà passé son apogée. Le nez était très évolué, des notes oxydatives de noix rancies se mélangeaient aux odeurs pétrolées, typique du riesling. En bouche ? pas grand chose. Au départ, ce vin ne m’était pas totalement désagréable mais quelque chose me dérangeait. Joanne, elle, fût catégorique: ce vin est fini ! Elle dit qu’elle connaît rien au vin mais elle en sait plus qu’elle ne le pense.

L’appréciation des vins qui ont quelques années de vieillissement peut être difficile et surtout très différente d’une personne à l’autre. Après quelques minutes et quelques gorgées, je décide qu’à mon goût, ce vin n’a pas bien vieilli et qu’il est en quelque sorte défectueux. Je retourne à la boutique de vin et je me fais dire que ce vin est parfait.  Alors je lui demande, selon qui ? Ils me répondent : “ on est trois à y avoir goûté... “. J’ai presque entendu un “ stupid ”

Avec une certaine condescendance, ce qui je crois être la propriétaire me dit que c’est comme ça que le riesling vieilli. Comme j’avais une casquette et que j’avais l’air d’à peine 25 ans, elle ne m’a pas prise au sérieux ( j’ai l’habitude, un vendeur a déjà sonné à ma porte et demandé à voir les proprios de la maison). 

Je commençai donc à lui énumérer quelques vieux vins que j’avais bus dernièrement, pas pour m’en vanter, mais pour qu’elle me prenne au sérieux. Je DÉTESTE faire ça surtout dans une langue qui n’est pas la mienne. Je déteste quand les amateurs de vin se mettent à faire ces concours de qui a bu la plus grande bouteille 
afin d'établir un rapport de force. Un genre de “mon père est plus fort que le tient”. Dans cette situation, ce fût mon moyen de défense. 

Par le temps que j’arrive au Zind-Humbrecht Brand 89 et au Krug 85, elle avait complètement changé sa stratégie et ses collègues sont venus à sa rescousse. Comme toutes mes références étaient françaises, elle m’a dit que c’est comme ça que les riesling du nouveau monde évoluaient ! Vlan dans les dents... Vous auriez dû voir son sourire. C’était une réplique magnifique et elle le savait. Avec une phrase, elle m’a mise K.O... Elle à également perdu un client. Quelle fierté peut-on tirer à mettre un client au tapis ?

Je lui ai alors demandé quelles étaient mes options. Elle m’a dit qu’elle ne reprenait pas ma bouteille car elle perdait de l’argent. Combien vaut un client ? Cette bouteille se vendait 23$, donc elle perdait moins de 15$. J’étais prêt à un compromis. J’était décidé à prendre une autre bouteille, même d’être bon joueur et en acheter une plus chère. Je suis donc reparti furieux en laissant sur le comptoir la moitié du bouchon trop sec qui avait cassé en trois morceaux lors de l’ouverture de la bouteille. Ils aimaient tellement cette bouteille qu’ils n’ont même pas voulu la garder pour la boire.

Comme je travaille dans le service à la clientèle depuis plus de 20 ans, cette situation m’a amenée à me demander comment j’aurais géré cette situation. Dans un domaine aussi subjectif que le vin, comment le consommateur peut il faire valoir son point ? Déjà que le monde du vin peut être intimidant... Je comprend que le commerçant fait face à une contrainte économique mais n’est-ce pas un des risques de vendre des produits qui sont sujets au goûts des clients et à l’effet du temps? De plus, dans cette situation, ce n’était même pas une question de goût. Je ne suis pas arrivé en disant ce vin n’est pas à mon goût, j’ai dis que ce vin était défectueux. Par dessus tout, ils m’ont pris pour un con et ça c’est impardonnable. Ceci peut juste faire paraître le monde vin encore plus inaccessible et élitiste remplis d’égos gros comme ça. 

Quand je parle de vin à mes collègues de travail, je leur demande où ils achètent leur vin lors de leurs escales. La plupart d’entre eux me répondent les grandes surfaces. Pourquoi pas le caviste ? Parce qu’ils sont intimidés et ils ont peur de passer pour des imbéciles. Une situation comme la mienne peut juste renforcer cette fausse perception. 

Chers amis cavistes, sommeliers et restaurateurs, soyez respectueux de la majorité de la population qui ne connaisse pas le vin autant que vous. Ils sont votre pain et votre beurre. Plus les gens en connaîtront sur le vin, plus vous aurez du travail car ils exigeront votre présence. Restez humbles, il est impossible que vous sachiez tout. Je découvre que, souvent, se sont les personnes qui en connaissent le moins qui sont les plus intuitives. Ma femme se trompe rarement sur l’appréciation d’une bouteille et elle n’a d’intérêt que la partie pratique du vin ( lire boire ).

Donc, qu’aurais-je fais ? Probablement que j’aurais repris la bouteille sans même la goûter. Si un client prend le temps de revenir à la boutique, c’est qu’il est vraiment convaincu que quelque chose ne va pas. Mon ami Jean-Luc, restaurateur, m’a dit un jour que si un client croit que son vin est défectueux ou bouchonné, il le remplace sans poser de question (c’est comme ça que je l’ai rencontré d’ailleurs). Combien de fois a-t-on bu un vin incertain parce qu’on avait peur de le dire ? Cette façon de faire est une marque de respect envers le client qui a osé s’exprimer. Ce client passera une belle soirée et reviendra. Finalement le vin n’avait pas de défaut ? On va le boire ensemble ;-)) . 

Heureusement qu’il existe beaucoup d’endroits merveilleux qui respectent leurs clients et leur niveau de connaissance. Comme je ne connais pas beaucoup cette boutique, qui se dit divine, je vais taire le nom. Peut-être suis-je un cas unique. Une chose est certaine, je n’y retournerai plus. Dommage car ils ont une belle sélection. 





   



 
 
Comme la fin du monde est demain, je devais mettre la suite en ligne aujourd'hui, n'est-ce pas ? Allons-y. Le début de ce repas était déjà impressionnant. La suite l'a été tout autant. La chatte de Simon, Chloé, n'en revenait juste pas ! Je rappelle que les vins étaient servis à bouteille cachée. 
PAUL JABOULET AINÉ, LA GRAPPE DES PAPES, CNP 1964

Très parfumé, ça sentait le pruneau et la muscade à plein nez. La bouche était fraîche, équilibrée et bien en vie. Quelle longueur. Magnifique. Nous sommes tous sul cul ! Personne n'a trouvé la provenance. Avec un nom de cuvée comme ça, les blagues de mauvais goût sont venues assez rapidement. 

Autre trouvaille de Maurice que je me permets, au nom de la bande, de nommer officiellement Beauf ( voir Part one ).

JEAN-LOUIS CHAVE HERMITAGE 1990

Avant de parler de cette bouteille de légende, regardez le prix d'achat: 73$. Ça paraît beaucoup. Mais c'est peu ! Le 2008 se vend 180$ et c'est un petit millésime. Le 2009 sera autour de 250$. Pour ce qui est de cette bouteille, elle se vend autour de 600$.

Nez minéral, assez évolué ( trop ? ), sur les fleurs séchées et le kirch. La bouche alliait finesse et puissance. Les saveurs rappelaient les arômes. Finale sur l'alcool. Très beau mais pas la plus belle bouteille de la soirée. 

À mon avis, cette bouteille a évolué trop rapidement.  

CHATEAU PIBARNON, BANDOL, 1989

La bouteille la moins chère de la soirée et, à mon avis, une des meilleures ! Nez magnifique aux parfums de sous-bois, de cuir et de goudron. Il lui restait un peu du côté sauvage du mourvèdre. La bouche est tout en finesse et aérienne. Grande leçon d'humilité ! 

À mon avis, ce domaine n'est plus ce qu'il était. Mais les vieux millésimes valent le coup. J'ai un très beau souvenir de 1990 et de 1993. 
CHATEAU LA FLEUR DE GAY, POMEROL, 1990


Dans mon top 3 de la soirée. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas très merlot. C'est ma troisième expérience avec ce domaine et à chaque fois j'ai aimé. Nez de kirsch et de poivre avec un petit côté animal et une subtile touche de truffe. Il n'y avait presque pas d'évolution. La bouche était riche mais également tout en finesse. Elle était aérienne et très longue. Énorme !
CHATEAU CLINET, POMEROL 1990

On terminait les rouges avec une autre bouteille de renom. Le nez annonçait  un vin qui avait 10 ans de moins. Aucune évolution n'était perceptible. Des arômes de réglisse et de cerises fraîches. L'élevage encore présent le rendait charmeur... trop ! Les tanins étaient serrés et la finale très longue. Même si plus prestigieux et beaucoup plus cher que le précédent, il m'a moins plu. Il manquait de personnalité. 



Il y avait plus de bouteilles, mais deux étaient de provenance inconnue (sans étiquette !). Une était sans doute une Côte-Rôtie et l'autre un Morey Saint-Denis... Il y avait également un Zind-Humbrecht défectueux. 


C'est tellement intéressant de pouvoir goûter ces vins inaccessibles aujourd'hui. En tout cas en ce qui me concerne. De toute façon, je refuse de payer 300$ pour une bouteille. 


Grande soirée avec de grands amis ! Merci à Simon et Sylvie pour leur accueil. 


Je profite de l'occasion pour vous souhaiter un très Joyeux temps des Fêtes.


Cheers
 
 

La semaine dernière, on a festoyé ! C'était le retour d'Indonésie de l'ami François, la fin de nos vacances et le dernier repas avec les beaufs**  avant la fin du monde. Toutes les raisons sont bonnes pour ouvrir de beauxxxx flaconssss ! Combien vous me demandez ? 16... pour 12 personnes. Voici un petit résumé de ce repas / dégustation marathon légendaire ! 

Les Blancs

On commence avec les blancs. Une série de trois grands blancs aux noms qui font rêver. Étaient-ils à la hauteur de leur renommée ? À mon avis, ces grands vins partent toujours perdants. Leur prix et leur réputation créent tellement d'attentes qu'ils sont coupables jusqu'à preuve du contraire. À noter que ces trois vins ont été dégustés à bouteille découverte. Vous verrez que je suis assez critique, mais au prix auquel se vendent ces bouteilles,  je n'ai pas le choix. 

LUCIEN LEMOINE, PULIGNY-MONTRACHET LES ENSEIGNÈRES 2009

Premier vin de la soirée:  Lucien Lemoine, c'est deux personnes: Mounir Saouma et Rotem Brakin. Ils ne possèdent pas de vignes, ils sont négociants-éleveurs. Ce vin, issu d'un millésime chaud, demeure frais et possède une belle acidité. Le boisé n'est pas trop présent. Il est assez droit et gras. Bon, mais il manque d'âme. Je préfère les Puligny plus tendus. Se vend autour de 100$.

DOMAINE ROULOT MEURSAULT-CHARMES 1ER CRU 1998

Je vie une drôle de relation avec ce domaine encensé par la critique et beaucoup d'amateurs. Je n'ai jamais été transporté par leurs vins. Je les ai toujours trouvé durs et trop sulfités... J'ai eu la chance de déguster au domaine et tous les vins étaient très difficiles à goûter à cause du soufre trop présent. C'est dommage. Pour ce qui est de cette bouteille, je crois que ses plus belles années étaient derrière... ou devant ? Difficile à dire. Le nez n'était pas très causant. Mort ou fermé ?  La bouche était plus intéressante avec une grosse matière, bien équilibrée, qui faisait saliver. Encore une fois perplexe. Pourtant, je devrais aimer ce domaine qui fait des vins au profil droit au boisé bien maîtrisé. Ça m'énerve ! Est-ce que le fait de savoir ce que je buvais m'a influencé ? Est-ce la carafe qui l'a tué ? Entre 150 et 200$.
DOMAINE DES COMTES LAFON MEURSAULT-GENEVRIÈRES 1ER CRU 2001

Autre domaine prestigieux que j'ai eu la chance de visiter. Super visite où les vins se goûtaient très bien. Mélange de finesse, de pureté, de puissance. Des vins énergisants ! Cependant, ce domaine ne fait pas l'unanimité. Ils sont peu sulfités, donc ils bougent beaucoup. Je me rappelle d'un Clos de la Barre de 8 ans d'âge complètement oxydé ! Ici aucune oxydation. Enfin un vin avec un peu d'âme. Style très différent du précédent. Le nez est très ouvert sur des arômes de beurre frais, de truffe et d'ananas. La bouche est en apesanteur, donc sans aucune lourdeur, avec une finale très longue. Malheureusement, on se lasse. Le nez est nettement trop beurré et la bouche, quoique aérienne, manque de tension. Il est, par contre, le meilleur des trois. Environ 250$.

Les Rouges

On a ouvert du lourd ! Est-ce que tout était à la hauteur ? Ça dépendait des goûts. Mais au total 12 bouteilles de folie ! Toutes goûtées à l'aveugle.
DOMAINE LAFARGE VOLNAY CLOS DES CHÊNES 1ER CRU 1996

Magnifique ! Pour moi une des belles bouteilles de la soirée. Nez fumé avec des notes de terre brûlée, de fleurs séchées et de pain d'épice. La bouche suit toute en finesse et élégance. Bien heureux qu'il m'en reste une. J'ai eu la chance de visiter ce domaine à deux reprises. Des pionniers de la biodynamie dans la région. Ces quelques heures passées avec Monsieur Lafarge sont inoubliables.
DOMAINE JAMET CÔTE-RÔTIE 2005

Probablement un des meilleurs domaines de cette appellation qui, à mon avis, commence à rouler sur sa renommée ( l'appellation ). J'ai eu la chance de goûter plusieurs Côte-Rôties cette année et la plupart m'ont déçu. Surtout en regard du prix payé. Les prix s'envolent dans cette région. Jamet est le meilleur exemple. Le millésime 2005 se vendait autour de 30-35€. 2010 ? Plus de 60€ !!! La bouteille à acheter chez eux est leur Côtes-du-Rhône à 15€. Bon je m'égare. Revenons à ce 2005 qui est encore bien jeune. Nez de poivre, de cuir et surtout de violette. La bouche est serrée, riche et puissante mais quand même dotée d'une certaine finesse. Il y a du soleil là-dedans. Très beau vin qui se complexifiera avec le temps. À attendre patiemment. Comme tous les 2005 qui ne semblent jamais vouloir se livrer...
Pour la suite, deux vins servis côte à côte à fin de comparaisons

CHATEAU HOSANNA 2000 POMEROL

Je me confesse, je ne suis pas merlot. Rares sont les merlots qui me renversent. Ce vin n'a pas fait exception. Au nez aucune évolution. Les arômes sont déroutants ! Un mélange de boisé, de lys et d'encens. On se croirait à l'église. La bouche est massive et riche. Vin fait pour plaire au palais américain. Très caractéristique des Bordeaux de la fin des années 90 et début 2000. Re-goûté en fin de soirée, il n'avait pas bougé. Environ 300$

PAHLMEYER 2003, Napa Valley, Californie

Premier contact avec ce vin. On doit trouver la provenance. Nous sommes partis dans toutes les directions. Impossible de savoir car ce vin n'avait aucune identité. Il aurait pu venir de la lune! Nez d'alcool et de fruits acidulés accompagné d'un boisé qui ne semble pas vouloir se fondre au reste. La bouche est construite sur une matière riche et massive.  Après 5 minutes dans le verre, le nez est mort et l'oxydation commence à s'installer. 86% Cabernet Sauvignon, 6% Merlot , 4.5% Cabernet Franc, 3% Petit Verdot, 5% Malbec. Entre 125$ et 150$. Beaucoup trop cher !


Un peu décevant tout ça. Mais les cinq prochaines bouteilles allaient nous renverser ! Part 2 bientôt !




** Les beaufs c'est notre groupe d'amis passionnés de vin. Il s'élargit. Les membres du groupe seront d'accord pour dire que Simon est maintenant membre officiel !